Diwan Alomran lance une vaste campagne lors de la COP30 : un appel à passer des engagements à la mise en œuvre… et à révéler les lacunes climatiques en Égypte
Diwan Alomran – Égypte a lancé une campagne globale à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP30) à Belém, au Brésil, afin de mettre en lumière l’écart grandissant entre le discours environnemental mondial et la réalité climatique vécue par les communautés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, en particulier les communautés rurales égyptiennes les plus vulnérables.
Déclaration conjointe : Responsabilité environnementale, financement équitable, et transition juste protégeant les droits
La campagne a débuté par la publication d’une déclaration conjointe avec dix organisations arabes et internationales, intitulée :
« De l’engagement à la mise en œuvre à la COP30 : responsabilité environnementale et climatique, financement équitable des pertes et dommages, et transition juste préservant les droits, la nature et la biodiversité. »
Organisations signataires :
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Diwan Alomran – Égypte
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Initiative Manara pour le soutien juridique aux femmes dans les villes du Canal – Égypte
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Association Intersection pour les droits et libertés – Tunisie
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Initiative SELM – Tunisie
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Association de Redevabilité Sociale – Tunisie
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Fondation Égyptienne pour les Droits Environnementaux – Égypte
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Réseau Habitat et Droits Fonciers – Coalition Internationale de l’Habitat
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Initiative Wasl pour les Droits Humains – Tunisie
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Humena pour les Droits Humains et l’Engagement Civique – Région MENA
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Centre Humain & Ville pour la Recherche Sociale et Humaine – Égypte
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Plateforme des Réfugiés en Égypte – Égypte
La déclaration a souligné que le ralentissement international face au changement climatique « conduira à un effondrement humain généralisé », appelant à :
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Transformer les conférences climatiques de plateformes de recommandations en mécanismes d’exécution avec calendrier clair et indicateurs mesurables.
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Activer le Fonds pour les pertes et dommages avec un financement nouveau basé sur des dons.
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Assurer une transition énergétique juste qui protège les droits et n’entraîne pas l’accaparement des terres ou le déplacement des communautés autochtones.
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Renforcer la transparence, la protection des défenseurs environnementaux, et la participation communautaire.
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Intégrer les droits humains dans les marchés du carbone et les politiques d’adaptation et d’atténuation.
Les organisations ont rappelé que la responsabilité de la crise climatique est « commune mais différenciée », et que les plus grands pollueurs doivent assumer la plus grande part du redressement.
Article analytique : La dimension politique des conférences climatiques et la baisse de leur impact… L’exemple de l’Égypte
Dans ce cadre, Diwan Alomran a publié un article analytique montrant comment les conférences climatiques sont devenues des espaces dominés par les considérations politiques plutôt que scientifiques, avec un impact qui disparaît une fois les événements terminés.
L’article a examiné l’expérience de l’Égypte après la COP27 à Charm el-Cheikh en 2022, où un fort élan avait été observé et où la Stratégie Nationale pour le Climat 2050 avait été lancée. Cependant, cet élan s’est dissipé après la conférence, laissant un faible niveau de mise en œuvre en raison des lacunes de financement, du manque de coordination institutionnelle et de la faible sensibilisation publique.
Inondations à Delhamu et dans la région de Beheira : preuves de la fragilité climatique en Égypte
La campagne a mis en avant plusieurs événements climatiques graves survenus récemment en Égypte, mais peu analysés officiellement, malgré leur importance pour comprendre l’aggravation du changement climatique.
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Octobre 2024 – Delhamu (Monufia) : montée inédite des eaux du Nil, inondation de 1 261 feddans, dommages à 131 maisons, pertes agricoles et infrastructurelles, révélant l’absence de système d’alerte précoce.
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Novembre 2024 – Beheira (Branche de Rashid) : inondations généralisées entraînant de lourdes pertes, évacuations urgentes et coupures de routes menant aux villages.
Ces événements sont, selon la campagne, une « sonnette d’alarme » démontrant que le changement climatique n’est plus une menace future, mais une réalité actuelle nécessitant une préparation locale efficace.
Pourquoi les conférences climatiques peinent-elles à produire un impact durable ?
L’analyse a identifié plusieurs obstacles :
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La domination des considérations politiques et diplomatiques.
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L’absence de mécanismes contraignants pour appliquer les engagements.
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Le faible lien entre financement international et mise en œuvre locale.
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La lente traduction des stratégies globales en actions locales.
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La bureaucratie et la faible sensibilisation publique.
L’accent est mis sur la nécessité de passer des engagements volontaires à un système de révision périodique obligatoire permettant un contrôle de la société civile.
Message de Diwan Alomran à la COP30 : Relier le climat aux droits humains… et autonomiser les communautés vulnérables
La campagne affirme que l’action climatique est indissociable de :
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Les droits humains
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Le développement durable
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La justice sociale
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La protection des communautés rurales les plus vulnérables
Elle appelle à :
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Faire de la COP30 une étape réelle de mise en œuvre.
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Diriger le financement climatique directement vers les communautés affectées comme Delhamu et Beheira.
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Garantir une transition énergétique juste protégeant les droits et les moyens de subsistance.
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Instaurer de véritables systèmes d’alerte précoce dans les zones sujettes aux inondations.
Activités actuelles et continues de la campagne
Diwan Alomran poursuit :
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La publication d’analyses régulières sur la justice climatique.
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La documentation des témoignages des communautés affectées.
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La coordination avec des organisations arabes pour des positions communes.
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Le suivi des négociations de la COP30 et la publication de commentaires officiels.
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La sensibilisation numérique sur la vulnérabilité du delta du Nil et la protection des communautés rurales.